Guide · Mis à jour le 3 novembre 2026
Plafond de la micro-entreprise en 2026 : que se passe-t-il si vous le dépassez ?
Les nouveaux montants, la règle des deux années, le cas de la première année et de l'activité mixte, avec des exemples.
Les plafonds 2026
Pour rester au régime de la micro-entreprise, votre chiffre d'affaires annuel ne doit pas dépasser :
- 203 100 € pour la vente de marchandises, d'objets ou de denrées à emporter ou à consommer sur place ;
- 83 600 € pour les prestations de services commerciales ou artisanales et les professions libérales.
Ces montants s'appliquent pour 2026, 2027 et 2028. Ils remplacent les anciens plafonds de 188 700 € et 77 700 € (2023 à 2025). Il s'agit du chiffre d'affaires encaissé dans l'année civile, hors taxes. Les locations meublées et chambres d'hôtes ont des règles particulières, non traitées ici.
Dépasser une année ne suffit pas à sortir
C'est la règle la plus importante : vous ne quittez la micro-entreprise que si vous dépassez le plafond deux années civiles de suite. Vous en sortez alors le 1er janvier de l'année qui suit la deuxième année de dépassement.
- Nadia, graphiste : 90 000 € en 2026 (au-dessus de 83 600 €), puis 80 000 € en 2027. Elle n'a dépassé qu'une année : elle reste micro-entrepreneur en 2027 et en 2028.
- Karim, développeur : 90 000 € en 2026, puis 88 000 € en 2027. Deux années de suite au-dessus du plafond : il quitte la micro-entreprise le 1er janvier 2028.
Chaque année se compare au plafond de cette année-là : le chiffre d'affaires de 2025 au plafond de 2025 (77 700 € pour les services), celui de 2026 au plafond de 2026.
Activité mixte : ventes et services
Si vous vendez des produits et des services, deux conditions doivent être respectées en même temps :
- votre chiffre d'affaires total ne dépasse pas 203 100 € ;
- la part services ne dépasse pas 83 600 €.
Exemple : Léa encaisse 150 000 € de ventes et 60 000 € de prestations. Sa part services reste sous 83 600 €, mais son total (210 000 €) dépasse 203 100 € : cette année compte comme une année de dépassement.
La première année : un plafond réduit
L'année où vous commencez, le plafond est réduit selon le nombre de jours d'activité. Exemple : début le 1er septembre 2026, soit 122 jours d'activité en 2026 :
- ventes : 203 100 € × 122 ÷ 365 = environ 67 885 € ;
- services : 83 600 € × 122 ÷ 365 = environ 27 943 €.
Au-delà, la première année compte comme une année de dépassement.
Attention : la TVA arrive bien avant
Le plafond de la micro-entreprise n'a rien à voir avec la franchise de TVA. Les seuils de TVA sont beaucoup plus bas : 85 000 € pour les ventes et 37 500 € pour les services en 2026. Vous pouvez donc rester micro-entrepreneur tout en facturant la TVA. Tout est expliqué dans notre guide franchise de TVA en 2026.
Ce qui change quand vous sortez du régime
- Vous restez en entreprise individuelle : votre entreprise et votre SIREN ne changent pas. C'est le régime fiscal et social qui change.
- Impôt : vous passez au régime réel (BIC) ou à la déclaration contrôlée (BNC). Vous déduisez vos vraies dépenses, mais vous devez tenir une comptabilité complète.
- Cotisations : elles ne sont plus un pourcentage de votre chiffre d'affaires. Elles sont calculées sur votre bénéfice, avec des acomptes ajustés ensuite.
L'administration ne vous prévient pas avant que vous dépassiez : c'est à vous de suivre votre chiffre d'affaires. Si vous approchez du plafond deux années de suite, parlez-en à un expert-comptable avant la fin de la deuxième année : il pourra vous dire s'il vaut mieux rester en entreprise individuelle ou créer une société.
Surveiller vos seuils
Le calculateur de seuils vérifie en quelques secondes où vous en êtes par rapport au plafond de la micro-entreprise et à la franchise de TVA, y compris l'année du démarrage. Le tableau de bord micro-entreprise les suit automatiquement tout au long de l'année, à partir de vos encaissements.
Règles valables en France pour les micro-entrepreneurs. Exemples fictifs. Sources : loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 (révision des seuils pour 2026 à 2028) ; articles 50-0 et 102 ter du Code général des impôts ; CCI Paris Île-de-France ; Service-Public.fr. Ce guide ne remplace pas un conseil personnalisé.